Sculpture as place, 1958 – 2010

Rétrospective Carl Andre au MaM, Paris

Rythmes et horizontalité

Rythmes et horizontalité

Carl Andre une des trois têtes de file du minimalisme avec Donald Judd et Robert Morris est présenté dans une grande rétrospective au MaM. Carl Andre est également un acteur prépondérant de l’art conceptuel, et un des initiateurs majeurs du Land Art.

Hormis les installations environnementales _pas toujours bien servies en l’occurrence par un lieu insuffisamment vaste et l’impossibilité d’interagir avec la majorité des pièces, en particulier les installations « labyrinthiques »_ on peut y voir les poèmes de l’artiste. Ce fut son activité première, des mises en relation de mots conçus au fil du temps comme des unités élémentaires dépourvues de syntaxe et assemblées graphiquement dans des associations révélant l’ambiguïté et la complexité du langage.

On retrouve pour le reste les pièces essentielles fondées sur l’itération, la variation et des formes exclusivement cubiques. La sculpture est envisagée comme totémique au sens ou les éléments sont des noeuds spatiaux dans le lieu où le visiteur doit pouvoir intervenir par son propre déplacement. Immobilité des éléments verticaux (mais jamais de grande hauteur) repliés sur leur forme simple et ensemble dynamique et horizontal se prolongeant dans des itérations aux faibles variations.

C’est à voir du 18 octobre 2016 au 12 février 2017.

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©Carl Andre. Courtesy MaM.

Communiqué de presse:

Cette rétrospective révèle comment à partir d’éléments standards, de matériaux industriels bruts, l’artiste redéfinit la sculpture comme un lieu d’expérience de l’espace, de la forme et de la matière. Carl Andre a également composé nombre de poèmes en employant les mots pour leur valeur aussi bien sémantique et sonore que visuelle. L’apparente simplicité des œuvres remet en jeu les notions traditionnelles de technique, de composition, d’installation où le visiteur est partie prenante de l’œuvre.
Arrivé à New York en 1957, Carl Andre s’essaie à la poésie et réalise ses premières sculptures de petit format. Il s’intéresse rapidement aux propriétés de la matière : forme, poids, surface. Dès 1965, il emploie des éléments industriels qu’il assemble lui-même : bois, métaux, briques, bottes de foin, en relation avec les lieux où il expose. L’artiste n’a de cesse depuis de réagir aux espaces proposés par les galeries, musées, villes. Il travaille avec les éléments qu’il trouve sur place, assemble ce qu’il peut manipuler seul, réalise des ensembles à la fois très présents et en même temps si intégrés aux espaces qu’ils semblent avoir toujours été là.
Avec Carl Andre, l’œuvre d’art change de statut : elle n’est plus un élément symbolique ou figuratif, mais un objet réel qui fait partie du monde, au même titre qu’un arbre ou un mur. Au cours des années soixante, l’artiste a évolué dans sa conception de la sculpture, d’abord comme forme, puis structure et finalement comme un lieu (« sculpture as place »). « J’ai des désirs; je n’ai pas d’idées. C’est pour moi un désir physique de trouver le matériel et un lieu où travailler » (entretien de l’artiste avec Marta Gynp, 2015).
Cette première exposition consacrée à Carl Andre en France depuis vingt ans (la dernière ayant eu lieu au musée Cantini à Marseille en 1997), correspond à la politique du Musée d’Art moderne de relecture des grands artistes fondateurs de la modernité.
Commissaires : Sébastien Gokalp, Yasmil Raymond et Philippe Vergne.


Carl Andre | Sculpture as place, 1958 – 2010.

MaM.

Du 18 octobre 2016 au 12 février 2017.


Voir aussi: