« Lesende », (Femme lisant)

1994, 72 cm x 102 cm, huile sur toile.

Catalogue Raisonné: 804

Référence Atlas

Gerhard Richter depuis les débuts du « photo painting », en 1962, c’est libéré de l’orthodoxie du programme qu’il s’était alors fixé. Son travail pictural est essentiellement centré sur la surface comprise parfois comme un plan réfléchissant aux deux sens du terme, c’est à dire autant pour sa qualité de texture, apparemment lisse mais souvent granulaire, propre à capter la lumière et à décliner des gammes infinies de lavis colorés, que pour sa capacité à susciter l’auto-réflexion sur la représentation, sa surface de projection et le réel lui même. La peinture est pour l’artiste allemand un mode de pensée. Il ne voit aucun antagonisme entre la figuration et l’abstraction, lesquelles sont pour lui des modulations d’une même réflexion non narrative.

Pourtant, dans « Lesende », Gerhard Richter n’hésite plus à se confronter, sans esprit polémique, à l’histoire de l’art, l’iconographie presque « Pop » du tableau de Vermeer, et l’anecdote personnelle en faisant poser Sabine Moritz-Richter, sa troisième femme. Il ne tient plus systématiquement l’émotion à distance, tout en restant fidèle à son programme : la surface picturale, qu’elle soit traitée dans l’échelle abstraite ou figurative.


© Gerhard Richter.