Francois Malingrëy

Néo-réalisme et néo-métaphysique !

Francois Malingrëy, artiste peintre, réalisme, peinture, salon de Montrouge | Publié par Thierry Grizard le 11 juillet 2016.

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© François Malingrëy. Courtesy Palais de Tokyo.


Néo-réalisme:

François Malingrëy (né en 1989 à Nancy) découvert au Salon de Montrouge en 2015 et au Palais de Tokyo la même année reprend le flambeau du réalisme, tout du moins du point de vue formel et à travers de nombreuses citations explicites de Gustave Courbet.

Des scènes mentales:

Pourtant rien de contemporain dans les sujets abordés par François Malingrëy, l’on est plutôt dans le registre de la peinture “métaphysique”, c’est à dire hors contexte, ou plus précisément décontextualisé. Pas de réel détail vestimentaire permettant de donner un indice historique, voire même, tout au contraire, des anachronismes prélevés dans l’histoire de la peinture, comme ici le baton emprunté à Courbet. En outre, François Malingrëy, comme à l’époque de la renaissance s’ingénie, à dupliquer les mêmes modèles pour incarner, figurer plutôt, ses personnages fermés.  Par ailleurs, les vêtements sont presque uniformément noirs et, si ce n’est la coupe en bermuda et en slips de bain modernes, les scènes représentées ne relèvent d’aucune époque, elles sont mentales. De plus de nombreuses toiles reprennent ouvertement quelques grands thèmes de la peinture religieuse, déploration asthénique, baptême profane voire prosaïque, etc.


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© François Malingrëy. Courtesy Palais de Tokyo.


Des apories de la Peinture:

La filiation avec Michaël Borremans est tout à fait évidente. On est dans le registre d’une peinture mentale et aporétique. On est donc dans la continuation de Michael Borremans qui peint à la manière de Velasquez des énigmes n’appelant aucune solution, qui sont comme des pièges de l’intelligence proches de certaines démarches de l’art conceptuel mettant le questionnement esthétique en échec. Ici François Malingrëy peint à la manière de Courbet des impasses du signifié jouant de l’histoire de la peinture et des catégories esthétiques.

La tableau est un leurre !

Chez Michaël Borremans comme François Malingrëy l’aporie du sujet et du motif libère le peintre qui peut alors se délecter à “executer” des textures, des tons et des valeurs sans plus se soucier du message. Message qui est, pour les deux peintres, piégé dans une mise en scène n’ayant d’autre finalité que nous abimer dans une contemplation captive d’une œuvre close sur elle même. Le but est alors atteint on est arrêté, voire dans les meilleurs cas habité durablement par le tableau.


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© François Malingrëy. Courtesy Palais de Tokyo.


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© François Malingrëy. Courtesy Palais de Tokyo.


Voir aussi:

Thierry Grizard | Artefields.

Webmaster et auteur.

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