Photographie et art contemporain.

La photographie ou le passage du statut d’art mineur à la centralité.

Photographie et art contemporain.


Pictorialisme et classicisme.

photographie et art contemporain, de la reproduction au flux en passant par le concept.

La photographie dés ses débuts a été investie par les artistes qu’il s’agisse du pictorialisme ou d’un Atget qui prétend à une sorte de classicisme. La photographie demeurait néanmoins mineure et elle était considérée avec condescendance.

© Gyorgy Kepes.

Néanmoins grace aux constructivistes, le Bahaus et  le surréalisme la photographie gagne ses premieres lettres de noblesse. Elle est utilisée principalement pour son pouvoir d’abstraction dû aux jeux de lumières du noir et blanc et la captation du mouvement et de la vitesse.

Pour les surréalistes, Man Ray en tête évidemment, la photographie devient un outil d’expérimentation qui se prête particulièrement bien à l’onirisme et la libre association.

photographie et art contemporain : l’art conceptuel.

Cependant ce sont les artistes conceptuelles qui firent de la photographie , un peu malgré elle, une pratique centrale en tant que moyen de notation de témoignage ou de miroir aux concepts.

photographie et art contemporain : la photographie objective.

Toutefois il faudra attendre la photographie objective des élèves et héritiers de Bernd et Hilla Becher et l’avénement des artistes plasticiens pour que la photographie deviennent un médium équivalent aux autres, y compris sur le marché de l’art.

Ceci probablement en raison de la qualité intrinsèque du travail d’artistes tels que Gursky, Thomas Ruff ou Candida Hoffer entre autres, mais aussi parce que l’art post duchampien a descendu les médiums classiques de leur pied d’estal.

Andres gursky

Photographie et art contemporain | © Andres Gursky.

photographie et art contemporain : l’art des plasticiens.

Les plasticiens, quant à eux , du fait de leur indépendance de tout medium spécifique, prolongent l’art conceptuel sans son dogmatisme dans une totale interdisciplinarité. Ils utilisent par conséquent massivement la photographie comme un des éléments de leurs installations.

La photographie objective, plasticienne rentrent au musée et devient consubstantielle au champ artistique « consacré ». Elle est alors intronisée par le marché et les institutions.

photographie et art contemporain : la photographie miroir.

© Diane Arbus.

Il ne faut cependant pas trop schématiser, car parallèlement à l’entrée de la photographie dans le champ des arts plastiques de nombreuses autres pistes ont continué à se developper, en particulier la photographie des marges et des sous-cultures avec en précurseur Diane Arbus, puis Larry Clark, Nan Goldin, ouWolfgang Tillmans.

Ces photographes en témoignant tendent un miroir dérangeant au spectateur qui fait aussi, pour certains d’entre eux, office de catharsis personnelle.

De l’argentique au numérique.

Enfin l’envahissement de l’image à l’âge de la télévision puis d’Internet a transformé l’image photographique en un médium dominant et omnipresent.

La bizarrerie de cette situation est que l’hégémonie de l’image à l’ère numérique et post-internet a dilué la photographie dans le flux même des images déterritorialisées, dupliquées, démultipliées, reconstruites, sans référent avéré.

La photographie est pour ainsi dire devenue un médium dominant voire central mais quasiment sans support, à l’objet incertain, au contenu équivoque et volatile.

La photographie est morte, vive la photographie !

Photographie | Art moderne et contemporain

Frank Eugene, « La Cigale », 1900.

Eadweard Muybridge

Eugène Atget, « Versailles, Escalier de l’Orangerie », 1901.

Francis Bruguière, « Still-life: Cut-paper Abstraction », 1926.

Francis Bruguiere

Herbert Bayer, « Selbstportrait », 1932.

László Moholy-Nagy, « Fotogramm », 1926.

László Moholy-Nagy

Bernd & Hilla Becher, Blast Fumace, 1981.

Photographie et art contemporain, articles parus dans Artefields :

Thierry Grizard | Artefields.

Webmaster et auteur.

Artefields, couvre à travers un fil d’actualité fourni et quotidien l’ensemble des expositions à Paris, en France et pays francophones, mais aussi les grands évènements internationaux. Les champs d’intérêts sont essentiellement les arts plastiques, en allant de la peinture aux installations en passant par la sculpture. Nous nous efforçons également de découvrir ou soutenir d’un point de vue rédactionnel de nouveaux talents. Les articles de fond, ou analyses tentent de prendre un peu de distance relativement à l’actualité artistique afin de mieux éclairer cette dernière. De nombreuses galeries d’images sont à la disposition du lecteur qui pourra se faire une première idée du travail des artistes concernés. La ligne éditoriale ne se veut néanmoins pas exhaustive et revendique une part inévitable de subjectivité.