DAVID LEFEBVRE | Le tour, la face, le bord

David Lefebvre, artiste peintre, exposition, galerie Zürcher | Publié le 16 janvier 2016 par Thierry Grizard.

David Lefebvre, exposition personnelle à la galerie Zürcher

David Lefebvre (*/1980) est un jeune peintre grenoblois qui peint d’étranges scènes dont beaucoup de paysages prélevés du flux des images numériques.

david lefebvre, solo-show, galerie zürcher, paris, france

©David Lefebvre. Courtsey galerie Zürcher

Paysages et scènes qui semblent emprunter à l’architectonique cubiste ou à Cézanne voire aux romantiques allemands tout en versant dans des perturbations visuelles qui fonctionnent par collisions, polysémie ou manques. La belle unité est donc systématiquement brisée par des ruptures stylistiques et/ou sémantiques. Ces intrusions sont autant d’agrandissements de détails des images glanées sur le web. A l’instar d’un Thomas Ruff ou d’un Clement Valla, David Lefebvre exhibe la structure même de l’image numérique, la géométrie algorithmique (ici réinterprétée en une sorte de “pointillisme”), des images volatiles et sans qualité de l’internet.

david lefebvre, solo-show, galerie zürcher, paris, france

©David Lefebvre. Courtesy galerie Zürcher

Il y a aussi en contre-point de ces remplissages ou irruptions incongrus une volonté de montrer le processus de la “fabrication” de l’image peinte. En effet, David Lefebvre pratique souvent des réserves, des trous ou laisse des parties de ce qui est figuré à l’état d’esquisse, de dessin préparatoire. Ce qui amène à comprendre un peu mieux l’aspect faussement figuratif des paysages ou scènes. En effet, le banal est ici par son aspect “peinture de belle facture” élevé pour un instant au statut “artistique”. Il s’agit pourtant de la simple magie socioculturelle du pictural “à la façon de”. La manière qui évoque plus ou moins Cézanne n’est elle-même qu’une citation. L’œuvre de David Lefebvre est donc une peinture de l’ironie, voire même de la facétie, dans l’héritage direct du Pop Art et de Duchamp. On perçoit bien aussi le tribut du peintre aux boucles de la representation que Gerhard Richter a explorée avec obstination, en particulier dans ses Photo-paintings ou ses toiles à l’hyperréalisme flou. On est de manière évidente dans le post-internet. C’est-à-dire, pour faire court, dans l’ère de l’image déferlante, sans référent, itérative, détournée ou dégradée.

david lefebvre, solo-show, galerie zürcher, paris, france

©David Lefebvre. Courtesy galerie Zürcher

David Lefebvre joue donc sur les registres et les styles pour interroger encore une fois le statut de l’image. C’est une des problématiques récurrentes de la modernité mais aussi celle de l’ère numérique qui au-delà de la représentation pose la question du virtuel. David Lefebvre peint donc des scènes qui sont comme des collages d’un momentum, celui de notre navigation permanente entre le quotidien, le virtuel et une culture totalement hétéroclite, associative, polysémique.


A voir à la galerie Zurcher, Paris.

Du 9 janvier au 3 mars 2016.


A lire aussi:

A voir aussi

marion-bataillard,painting,expressionism,bacchanales
/par

Marion Bataillard, le mental et le physique

Marion Bataillard est une jeune artiste qui questionne le corps, la sexualité et surtout la présence, dans tous les sens du terme, du peintre et de son modèle à travers une figuration complexe et paradoxale.

David Lefebvre

david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel
david lefebvre, artiste peintre, néo réalisme, pixel